lebonlogiciel.com > Blog > Organisation, facturation et planification (Gestion commerciale, ERP, GPAO ...) > Obligations légales du chauffeur VTC : ce qu'il faut respecter avant, pendant et après la course

Obligations légales du chauffeur VTC : ce qu'il faut respecter avant, pendant et après la course

Proposé par Mohamed ZANTOUR
En poste chez NEXT MOOVE SOLUTION
19/06/2026

Convaincu ? Partagez le sur

Image de l'article Obligations légales du chauffeur VTC : ce qu'il faut respecter avant, pendant et après la course
Réservation, justificatif, macaron, facturation, archivage : le guide complet des obligations légales d'un chauffeur VTC, à jour des textes 2026.

Conduire un VTC ne se résume pas à connaître la route et à soigner l'accueil. Le métier s'exerce dans un cadre juridique dense, où la limite entre l'activité légale et la maraude interdite se joue parfois à un document près. Un contrôle de police, un justificatif incomplet, un stationnement au mauvais endroit, et la facture grimpe vite : amende, immobilisation du véhicule, parfois suspension du permis.

La bonne nouvelle, c'est que ces obligations suivent une logique simple. Avant la course, le chauffeur prépare et justifie. Pendant, il honore ses engagements et reste conforme à tout contrôle. Après, il rentre, facture et archive. Voici le guide étape par étape des obligations légales d'un chauffeur VTC, à jour des textes les plus récents.

À retenir en 30 secondes Un chauffeur VTC travaille uniquement sur réservation préalable. Il doit présenter un justificatif conforme (7 mentions obligatoires depuis octobre 2025), porter sa carte professionnelle, afficher la vignette rouge VTC, puis facturer et archiver chaque course. En cas de manquement, les sanctions vont de 3 750 € à 15 000 € d'amende, voire la radiation du registre.

Sommaire

  1. Le cadre légal en bref
  2. Avant la course : préparer et justifier
  3. Pendant la course : honorer et rester conforme
  4. Après la course : rentrer, facturer, archiver
  5. Ce que vous risquez en cas de manquement
  6. La check-list du chauffeur VTC
  7. Questions fréquentes
  8. Rester en règle sans y passer ses soirées

Le cadre légal en bref

L'activité de VTC est encadrée par le Code des transports. Deux lois structurent le statut. La loi Thévenoud, du 1er octobre 2014, pose les bases du modèle actuel : réservation préalable obligatoire, interdiction de la maraude, création du registre des exploitants (REVTC), carte professionnelle et assurance imposées.

La loi Grandguillaume (loi n° 2016-1920 du 29 décembre 2016) a ensuite assaini la concurrence. Elle a mis fin au détournement du statut LOTI, que certains exploitants utilisaient pour contourner les règles VTC, et a encadré les relations entre chauffeurs et plateformes. C'est ce texte qui a clarifié, durablement, qui peut transporter des passagers à titre onéreux et sous quelles conditions.

Depuis, plusieurs textes ont précisé les règles du quotidien. Le plus concret pour un chauffeur est l'arrêté du 6 août 2025, entré en vigueur le 29 octobre 2025, qui standardise le justificatif de réservation. Côté jurisprudence, un arrêt de la Cour de cassation du 25 juin 2025 a confirmé un point sensible : afficher la géolocalisation et la disponibilité d'un véhicule en temps réel, avant toute réservation, relève de la concurrence déloyale. Autrement dit, la maraude électronique reste fermement sanctionnée.

 

Avant la course : préparer et justifier

La règle cardinale : la réservation préalable

C'est la différence de fond entre le VTC et le taxi. Un chauffeur VTC transporte un client uniquement sur réservation préalable. Il ne peut pas être hélé dans la rue. Il ne peut pas rouler au ralenti à la recherche de clients. Il ne peut pas stationner sur la voie publique en attendant une course non réservée.

La maraude, physique comme électronique, est interdite. La course doit être validée et le justificatif établi avant de vous rendre visible ou de partir vers le client. Cet ordre des opérations n'est pas un détail administratif : c'est lui qui protège votre statut lors d'un contrôle.

Le justificatif de réservation, ou bon de commande

Petit point de vocabulaire. Selon les chauffeurs et les outils, on parle de « bon de commande », de « bon de réservation » ou de « justificatif de trajet ». Au sens de la loi, ce qui compte est le justificatif de la réservation préalable prévu par l'article L.3122-9 du Code des transports, précisé par l'arrêté du 6 août 2025. Sur les plateformes, il est généré automatiquement. En clientèle directe, c'est à vous de l'établir, sur papier ou au format numérique, dès la commande reçue.

Depuis le 29 octobre 2025, ce document doit comporter sept mentions obligatoires :

  • le nom ou la dénomination sociale et les coordonnées de l'exploitant ;
  • le numéro d'inscription au registre des VTC (REVTC) ;
  • le numéro SIREN de l'entreprise ;
  • les coordonnées du client, nom et téléphone ;
  • la date et l'heure de la réservation ;
  • la date et l'heure de la prise en charge ;
  • le lieu de prise en charge.

 

Un point de vigilance revient souvent. Si une application de confidentialité masque les coordonnées du client, vous devez tout de même pouvoir fournir aux forces de l'ordre un moyen de le contacter immédiatement. Lors d'un contrôle, un justificatif incomplet équivaut à une absence de réservation. C'est exactement le genre de détail qui fait basculer un chauffeur en règle vers une requalification en maraude.

Pour la clientèle directe, mieux vaut donc un modèle fiable qui reprend les sept mentions sans rien oublier. Plusieurs solutions existent, du simple modèle à compléter jusqu'aux outils en ligne qui permettent de générer un bon de commande VTC conforme en quelques secondes, prêt à présenter en cas de contrôle.

Les documents à bord

Le véhicule doit toujours contenir les pièces présentables lors d'un contrôle :

  • la carte professionnelle VTC, valable 5 ans, à renouveler avant expiration ;
  • l'attestation d'inscription au REVTC ;
  • l'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle à jour, distincte d'une assurance auto classique ;
  • la carte grise mentionnant l'usage « transport public de personnes » ;
  • le justificatif de contrôle technique, avec un contrôle professionnel annuel à votre initiative ;
  • le contrat de location, si le véhicule n'est pas le vôtre.

 

Aucun de ces documents n'est facultatif. L'absence d'un seul d'entre eux suffit à transformer un contrôle de routine en procès-verbal.

Le véhicule, la signalétique et le macaron

Vignette rouge VTC apposée sur le pare-brise

La vignette rouge VTC, le fameux macaron, est obligatoire. Elle s'obtient via votre compte personnel sur le registre REVTC, pour un coût d'environ 35 €. Elle s'appose à l'avant, en bas à gauche du pare-brise côté conducteur, et à l'arrière, en bas à droite. À l'inverse du taxi, le VTC ne peut afficher aucun dispositif lumineux extérieur ni compteur horokilométrique. Toute confusion visuelle avec un taxi est prohibée.

Le véhicule doit aussi respecter des critères techniques : nombre de portes, puissance, ancienneté généralement limitée à 7 ans, sauf pour les modèles hybrides ou électriques. Dans les zones à faibles émissions (ZFE), une vignette Crit'Air compatible est exigée pour circuler. Ces règles évoluent ville par ville, alors vérifiez celles qui s'appliquent à votre secteur.

Le tarif annoncé au client

Contrairement aux taxis, les VTC pratiquent des tarifs libres. Cette liberté impose une contrepartie : le prix doit être communiqué au client avant le départ. Précisez ce qui est inclus, péages, bagages, temps d'attente. Une annonce claire en amont évite la plupart des litiges à l'arrivée.

 

Pendant la course : honorer et rester conforme

Une fois le passager à bord, l'enjeu se déplace. Il s'agit de tenir vos engagements et de rester conforme à n'importe quel contrôle, à n'importe quel moment.

  • Carte professionnelle portée sur soi, visible ou immédiatement accessible, par exemple sur le tableau de bord.
  • Justificatif de réservation prêt à être présenté à la moindre demande des forces de l'ordre.
  • Course honorée : une annulation injustifiée engage votre responsabilité, sauf cas de force majeure.
  • Sécurité et confort : véhicule entretenu, propre, conduite souple, respect du code de la route.
  • Tenue et discrétion : présentation soignée, respect du client, confidentialité des échanges.

 

Une règle mérite d'être rappelée : aucune prise en charge supplémentaire en cours de route sans réservation correspondante. Accepter un passager qui vous hèle pendant un trajet vous fait sortir du cadre légal, même si la course initiale était parfaitement en règle.

 

Après la course : rentrer, facturer, archiver

L'obligation de retour

Voici une règle souvent méconnue, et pourtant centrale. L'article L.3122-9 impose qu'à la fin de la prestation, le chauffeur retourne au lieu d'établissement de l'exploitant, ou à son domicile s'il exerce à son compte. À défaut, il doit stationner hors de la chaussée, dans un lieu autorisé comme un garage ou un parking privé. La seule exception tient à une nouvelle réservation justifiée. Attendre un client sur la voie publique sans réservation reste interdit.

Autour des gares et des aéroports, une tolérance existe. Le stationnement en attente d'un client ayant déjà réservé est admis dans la limite d'une heure. Attention, certains sites imposent des badges d'accès spécifiques, comme le « Badge Bleu » à l'aéroport de Nice. Consultez systématiquement les arrêtés préfectoraux des lieux que vous fréquentez, car les conditions varient d'un site à l'autre.

La facturation

Toute course doit pouvoir donner lieu à une facture. Elle est obligatoire pour les clients professionnels, entreprises et administrations. Pour les particuliers, elle est fortement recommandée, et obligatoire dès qu'ils la demandent.

Une facture conforme comporte plusieurs éléments : la date et un numéro séquentiel continu, vos coordonnées avec SIRET et numéro de carte VTC, les coordonnées du client, le détail du trajet, et la mention de TVA adaptée à votre régime. Les micro-entrepreneurs indiquent par exemple « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Une mention manquante peut suffire à déclencher une amende fiscale.

Là encore, le risque vient surtout de l'oubli répété sur des dizaines de courses. Un modèle réutilisable ou un outil qui sait générer une facture VTC conforme, avec la numérotation continue et la bonne mention de TVA, vous évite la mauvaise surprise au moment d'un contrôle fiscal.

L'archivage et la comptabilité

Conservez vos bons de réservation et vos factures au minimum 3 ans. Dans les faits, 5 à 10 ans sont conseillés pour votre sécurité comptable et commerciale. Tenez une comptabilité régulière de vos recettes et dépenses, ainsi qu'un registre des courses.

Un changement récent mérite votre attention. Depuis janvier 2026, les plateformes déclarent automatiquement vos revenus à l'URSSAF chaque mois. La transparence est désormais totale. Toute sous-déclaration vous expose directement à un redressement, sans marge d'interprétation possible.

 

Ce que vous risquez en cas de manquement

Les sanctions ont été nettement durcies. Depuis 2024, les brigades de contrôle VTC multiplient les vérifications inopinées. Voici les principaux risques, classés par gravité.

Manquement Sanction encourue
Maraude ou exercice sans carte ni justificatif valide Jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, immobilisation du véhicule pendant 1 an ou confiscation, permis suspendu jusqu'à 5 ans
Défaut d'inscription au REVTC Jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende
Défaut d'assurance professionnelle Amende pouvant atteindre 3 750 €
Facture non conforme Amende fiscale par mention manquante, montants élevés pour une société
Infractions répétées Radiation du registre REVTC, soit l'interdiction d'exercer

Un point résume bien l'enjeu : un justificatif non conforme peut suffire à vous faire requalifier en situation de maraude illégale. Le document que vous générez avant chaque course n'est pas une formalité, c'est votre première ligne de défense.

 

La check-list du chauffeur VTC

À garder sous la main, ou à épingler dans la boîte à gants.

Moment Ce qu'il faut présenter ou faire
Avant Réservation préalable enregistrée (jamais de maraude) ; justificatif avec les 7 mentions ; carte pro, attestation REVTC, assurance RC pro à jour ; carte grise « transport public de personnes » et contrôle technique annuel ; vignette rouge VTC à l'avant et à l'arrière ; tarif annoncé avant le départ
Pendant Carte professionnelle visible ou accessible ; justificatif présentable à tout contrôle ; course honorée sauf force majeure ; sécurité, propreté, tenue, confidentialité
Après Retour au siège ou stationnement hors chaussée, sauf nouvelle réservation ; facture pour les clients professionnels ; archivage des bons et factures sur 3 ans minimum ; comptabilité et déclarations à jour

 

Questions fréquentes

Un chauffeur VTC peut-il prendre un client sans réservation ? Non. La réservation préalable est obligatoire. Prendre un client hélé dans la rue ou en attente sur la voie publique constitue une maraude, sanctionnée jusqu'à 15 000 € d'amende avec immobilisation possible du véhicule.

Le bon de commande et le justificatif de réservation, est-ce la même chose ? Dans la pratique, oui. Les termes « bon de commande », « bon de réservation » et « justificatif de trajet » désignent le même document. Ce qui compte, ce sont les sept mentions obligatoires fixées par l'arrêté du 6 août 2025.

Le macaron VTC est-il vraiment obligatoire ? Oui. La vignette rouge VTC doit être apposée à l'avant et à l'arrière du véhicule. Elle s'obtient via le compte REVTC pour environ 35 €. Rouler sans macaron expose à un contrôle défavorable et facilite la requalification en maraude.

Combien de temps faut-il conserver les factures et les bons de réservation ? Trois ans au minimum. Dans les faits, gardez-les 5 à 10 ans. C'est une protection en cas de contrôle fiscal ou de litige avec un client professionnel.

Que se passe-t-il après une course si je n'ai pas d'autre client ? Vous devez rentrer au siège ou à votre domicile, ou stationner hors de la chaussée dans un lieu autorisé. Vous ne pouvez pas attendre sur la voie publique sans nouvelle réservation. Près des gares et aéroports, une tolérance d'une heure existe pour un client ayant déjà réservé.

Les revenus des plateformes sont-ils déclarés automatiquement ? Oui, depuis janvier 2026. Les plateformes transmettent chaque mois vos revenus à l'URSSAF. Votre comptabilité doit donc être parfaitement cohérente avec ces déclarations.

 

Rester en règle sans y passer ses soirées

Respecter ces obligations n'est pas qu'une contrainte administrative. C'est ce qui protège votre carte professionnelle, votre véhicule et la continuité de votre activité. Un chauffeur en règle passe les contrôles sereinement et construit une réputation qui le suit auprès des donneurs d'ordre.

Le vrai défi n'est pas de connaître ces règles, c'est de les tenir à chaque course, sans faille, jour après jour. La réservation enregistrée avant le départ, le justificatif complet, la facture numérotée, l'archivage sur trois ans : multipliés par des centaines de trajets, ces gestes deviennent un travail de fond.

C'est là que les outils font la différence. Pour la clientèle directe, un générateur de justificatif évite l'oubli d'une mention. Pour ceux qui gèrent plusieurs véhicules, un logiciel de gestion centralise réservations, bons de commande, facturation et archivage au même endroit, ce qui réduit le risque d'erreur et le temps passé sur l'administratif. La logique « avant, pendant, après » reste le meilleur réflexe pour ne rien laisser au hasard, et les bons logiciels sont là pour la rendre automatique.

Convaincu ? Partagez le sur

Concernant l'auteur :
Mohamed ZANTOUR
2 Articles publiés
En poste chez NEXT MOOVE SOLUTION
NEXT MOOVE SOLUTION

Next Moove Solution conçoit vos applications de transport — VTC, taxi, bus, fret — et propulse votre visibilité grâce à notre expertise marketing & SEO.

Mais pour quoi faire ?

Pour connaitre son adéquation !

Avec nos tests d’adéquations, regardez votre taux de correspondance entre une solution ou un intégrateur et votre entreprise


Pour contacter directement les utilisateurs !

lebonlogiciel.com c’est plus de 60 000 avis d’utilisateurs. Contactez ces utilisateurs, pour avoir des retours d’expériences sur les logiciels directement par ceux qui les utilises ;


Pour demander un accompagnement personnalisé !

Vous ne savez pas ce qui serait le mieux pour votre entreprise ? Contactez-nous, on vous accompagnera gratuitement dans votre projet.